Pros’Ethique Poétique
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Miriam Makeba, ma mère et moi

Nakupenda Mama Africa

Quand j’étais enfant, je chantais tout le temps si j’en crois les souvenirs de mes parents. Les choses n’ont pas tellement changé. Il y a toujours une mélodie, une musique pour dire mes états intérieurs, des transports aux mélancolies. Je chante sans cesse, quelquefois je ne m’en rends même pas compte et c’est un regard ou une réflexion dans la rue ou dans un magasin qui me fait réaliser que je fredonne. Mon père m’a raconté que, quand j’étais une toute petite fille, je chantais sans cesse les chansons de Miriam Makeba et que je me prenais pour elle tandis que je chantais des chansons que je ne comprenais pas dans une langue qu’elle n’aurait certainement pas comprise. Je chantais, et mes parents étaient des spectateurs enchantés.

J’ai toujours chanté, même si mon public, bien plus confidentiel que celui de Miriam Makeba, est fait d’objets inanimés tels que ma brosse à dents ou ma savonnette. Ma salle de bains est mon théâtre de prédilection, sauf quand je martyrise avec un acharnement de tortionnaire ma guitare dans mon salon. Fort heureusement il n’y a pas encore de société protectrice des guitares.

 

La voix Miriam Makeba a toujours fait partie de la bande sonore du film de mon existence et aujourd’hui encore quand elle chante « Malaika », « Do you remember Malcolm » ou « A luta continua » elle me touche et me réveille. J’aime que la combattante en elle me rappelle que la lutte continue.

 

Le 9 novembre 2008, la chanteuse est décédée en Italie, loin de sa terre natale, comme dans un ultime exil, alors qu’elle était venue soutenir un auteur dont la vie était menacée pour avoir dénoncé la mafia. Combattante jusqu’au bout pour les libertés, empathique, maternante, Mama Africa, notre maman à tous venait de quitter les vivants. Dans un souffle ultime elle venait étreindre une victime de l’injustice par sa voix. Elle était comme ça, la grande Miriam, concernée par les autres. Elle avait 76 ans.

Etrangement, la mort de la chanteuse survient quelques mois après une autre musicienne de l’âme à l’audience infiniment plus confidentielle : ma mère ; celle dont le rire demeure pour moi l’une des plus belles musiques au monde et une leçon de vie. Celle dont le rire était un défi à l’adversité quelquefois cruelle. Le rire de ma mère…

Miriam Makeba laisse le souvenir d’une résistante, celui d’une femme engagée dans son siècle. Elle était devenue une sorte d’icône de la lutte contre l’apartheid. Bien avant d’autre artistes, elle a élevé sa voix et a combattu l’infâme régime par son talent, par sa voix, par sa fougue, par son cœur et par son intelligence. J’ai admiré en elle bien plus que la chanteuse.

Comment dire mon rapport à elle ?

 

Il y a eu un temps où la chanteuse et ma mère se confondaient un peu. Non que prenne l’une pour l’autre. J’étais enfant mais pas décérébréeJ. En fait ses disques garnissaient la discothèque de ma mère et l’on avait quelques 33 tours d’elle. Maman fredonnait ses chansons de temps en temps, accompagnant la voix de la chanteuse ou acapella. De fait, la chanteuse  n’a jamais été à mes yeux une étrangère. Sa voix et son nom habitaient mon enfance, ma maison, ma famille depuis l’aube des temps.

 

Entre deux et quatre ans, je vivais à Brazzaville dans une maison dont je me souviens à peine. Il ne me reste de la maison de ma petite enfance que des  images diffuses, celle de ma sœur aînée et moi jouant sur la véranda, veillées par les jambes claires de notre mère, couvées par son rire inimitable, tandis que la sœur qui venait après moi ne savait pas faire autre chose que dormir, babiller et pleurer. Ma petite sœur était son et bruits dans un couffin ou blottie contre la dame aux jambes claires. Et il y a le souvenir de ces autres jambes en mouvement, vêtues d’un pantalon qui se dirigent vers une petite voiture blanche. Elles s’éloignent de nous, le travail nous le vole en journée, au prétexte de lui permettre de prendre soin de sa famille. L’homme aux jambes interminables a lui aussi un rire unique. C’est un son qui défie les convenances, qui fait trembler les murs tant il est puissant, vivant et généreux. C’est le rire de mon père. Il est étrange que je ne voie distinctement que le visage de ma sœur aînée tandis que les autres membres de ma famille dite nucléaire sont jambes et sons.

 

Je revois aussi le tourne disque, et je réentends la voix de Miriam Makeba qui rythme ces moments de vie au cours desquels l’on ne questionne pas le bonheur ou la quiétude. L’on y baigne. L’on y est dans son élément naturel. La sérénité côtoie la voix de Miriam. Sa voix est sérénité. Elle est partie prenante de la matrice nourricière. Aussi loin que voyage ma mémoire, elle est la première chanteuse dont je me souvienne, celle dont ma mère fredonnait les mélodies. Il y avait elle, et quelques autres. Mais il y avait Miriam. C’est Miriam Makeba, Eboa Lottin et Francis Bebey et quelques autres qui m’ont appris que la musique est davantage qu’une  combinaison harmonieuse de sons. 

 

Alors que sur la véranda d’une vie tranquille j’écoutais Miriam Makeba, comment aurais-je pu imaginer qu’un peu plus au sud, des enfants comme moi étaient privés de leurs droits fondamentaux, réduits à l’état de parias sur les terres de leurs ancêtres. Comment aurais-je pu imaginer que quelques années plus tard des enfants et des étudiants seraient tués à Soweto. Mon innocence n’intégrait la réalité de ces autres enfants, ceux qui vivaient confinés derrière des grilles depuis lesquelles ils devaient regarder vivre libres et prospères ceux qui s’étaient auto-proclamés élus de fait, de par leur origine ethnique. Comment l’enfant libre que j’étais aurait-elle pu savoir que si elle était née là-bas, un gouvernement structurellement raciste aurait prédéterminé sa place dans un monde fait de violence, de misère, de déclassements sociaux, de négation de l’humanité dans les êtres ? Sur la véranda de la maison à l’abri de laquelle j’ai passé deux années de ma petite enfance, j’étais loin du monde dans lequel vivaient ceux qui me ressemblaient en République Sud-Africaine. Le monde dans lequel avait dû se construire Zenzile Makeba Qgwashu Nguvama à partir de seize ans, quand les sauvages avaient rendu officielle leur politique raciste. Celle que l’on connaîtrait plus tard sous le nom de Miriam Makeba, celle qui devrait payer le prix douloureux du bannissement, de l’exil et qui deviendrait, Guinéenne (dans les années 60), puis Algérienne (en 1972), et plus tard citoyenne d’honneur française (en 1990) a eu l’adolescence violée par l’Apartheid.

On peut collectionner les nationalités, être accueilli à bras ouverts sur des terres étrangères, être célébré par des admirateurs de par le monde et porter une blessure indicible. Qui pourra la dire s’il n’a pas vécu la violence du bannissement de sa propre terre pour avoir osé dénoncer, combattre, et refuser que l’ignoble Apartheid soit reçu par tous comme normal ? Et pourquoi pas comme une régime de droit divin tant qu’on y est ?

Comme c’est souvent le cas dans les Etats criminels, c’est ce dernier qui bannit celui qui s’indigne contre le crime perpétré contre des millions de personnes.

 

Si l’enfant que j’étais se contentait de profiter de sa voix, de sa musicalité, si la fillette d’alors mêlait la voix de Miriam à celle de sa mère, l’adulte imagine la violence de ce que cette jeune femme a dû vivre. Ne pas pouvoir contempler le visage des siens, ne pas pouvoir les étreindre, être interdite d’enterrer ses morts, être interdite d’enterrer sa propre mère. Vivre loin de chez soi a un coût que les xénophobes et autres rétrécis du bulbe et du cœur ne peuvent comprendre. Mais être interdit de surcroît de sa terre est inimaginable.

 

Miriam Makeba, prénommée Zenzi, diminutif d’Uzenzile, qui signifie « Tu ne dois t’en prendre qu’à toi-même », est née le 4 mars 1932 à Johannesburg. Elle a connu des débuts d’existence difficiles. Elle a en effet à peine dix-huit jours lorsque sa mère est emprisonnée durant six mois pour avoir fabriqué de la bière afin de subvenir aux besoins de sa famille. Miriam passe ainsi les six premiers mois de sa vie en prison, comme une sinistre répétition de la sentence générale de prison qui allait tomber sur elle et sur les non blancs en 1948.  Son père, issu de la tribu des Xhosa, meurt lorsque la petite Zenzi n’a que cinq ans.

L’année de ses 16 ans, son pays devient une immense prison pour les non caucasiens et particulièrement pour les noirs. Nous sommes en 1948, les nationalistes afrikaners ont gagné les élections. C'est le début de l’Apartheid. L’immonde tache posée sur l’histoire de l’Afrique du Sud, de l’Afrique, du monde.

Quand j’avais seize ans, bien que vivant dans un pays tellement libre qu’il transformait des étudiants contestataires en prisonniers politiques, et en cobayes pour des tortures en tout genre, le phénotype ne criminalisait pas les hommes dans mon univers. L’on ne me définissait pas comme un être inférieur, une citoyenne de seconde classe au prétexte que j’avais la mélanine généreuse.

 

J’avais environ onze ans quand j’avais découvert que les camerounais n’avaient pas le droit de se rendre en Afrique du Sud et en Rhodésie (Zimbabwe aujourd’hui). C’était inscrit dans mon passeport tout neuf. J’avais alors interrogé mes parents sur les raisons de cette restriction mentionnée dans le document officiel. C’est alors qu’ils m’avaient parlé de l’Apartheid. Je découvrais que des contemporains pouvaient être considérés comme des sous hommes sur la terre de leurs ancêtres. C’était violent, infiniment sismique, mais c’était loin de moi. Une telle chose n’était pas susceptible de se produire chez nous me disais-je pour me rassurer. Aussi arrogant qu’ait été alors le comportement de ceux que l’on appelait les coopérants sur ma terre, ils n’étaient pas susceptibles de faire de mon pays une terre d’apartheid. Ouf ! Ce que je découvrais de l’Afrique du Sud ne me donnait pas la moindre envie de m’y rendre.

A seize ans, Uzenzile vivait une autre réalité. Elle entrait avec son pays dans un cauchemar total, dans l’absolue sauvagerie d’un gouvernement avec lequel la sainte communauté internationale continuerait à faire affaire, sans états d’âmes. Il est vrai que plus tard, concernant un autre pays sub-saharien un président français aurait cyniquement déclaré «  Dans ces pays-là, un génocide, ce n'est pas trop important ». Ceci explique probablement cela. Ceci explique sans doute en partie le fait que, au cœur de la seconde moitié du vingtième siècle, l'on ait laissé les fils d’Afrique devenir, sur leur propre terre, un peuple interdit du reste des hommes [1]  Un peuple dont les fils se "suicidaient" à coup de balles dans le dos.

 

A vingt ans, Zenzi Makeba, mère d’une petite Bongi commence à chanter, un peu par hasard. Avant cela elle aura été bonne d’enfants, puis laveuse de taxis. C’est à cette période qu’elle devient Miriam. Rapidement, elle connaît le succès. Elle se servira de son statut tout neuf pour dénoncer l’Apartheid. Si elle a une voix, un talent, elle les investira dans le combat contre un régime abject.

Elle a 27 ans lorsqu’elle est contrainte à l’exil pour avoir participé au film anti-apartheid « Come Back Africa » de Lionel Rogosin. Faut-il qu’un pouvoir se sache totalement illégitime pour craindre un film ? Faut-il qu’il se sache inique pour trembler à l’idée qu’un jour les consciences puissent s’éveiller et se rebeller ?  Les pouvoirs qui se savent bâtis sur de l’argile frelatée sont d’une incroyable créativité en matière d'exactions criminelles pour faire perdurer un système inique. Ils redoublent de cruauté, d’inhumanité. Celui d’Afrique du Sud voulait la domination blanche immuable et transmissible telle qu’en elle-même dans les générations.

Bien des pouvoirs tremblent encore de par le monde et en Afrique parce qu’ils savent qu’il suffirait d’une étincelle pour en consumer les fondations.

 

En 1960, la mère de Miriam meurt. La jeune femme de 28 ans qui jusqu’alors avait vécu avec sa mère et sa fille connaîtra la souffrance ultime de l’exilé, celle de ne pas avoir le droit à l’adieu symbolique qui aide à laisser partir ceux que l’on perd. Celle d’être interdite de fermer les yeux de sa mère, ou de l’accompagner dans son dernier voyage. Comment a-t-elle traversé cette épreuve à la cruauté décuplée ? Perdre sa mère peut être si sismique…

 

Miriam sera privée de sa terre durant trente et un an. Elle ne cessera de combattre l’apartheid à l’extérieur. Elle le fera par des chansons, par des discours. Elle ne cessera d’appeler, à la tribune des Nations Unies, des nations autistes au boycott de l’Afrique du Sud. Elle était  persuadée que l’asphyxie de ce pouvoir lui ferait rendre les armes. Miriam n’était  pas uniquement chanteuse, mais une militante acharnée contre l’apartheid et pour les droits civiques.

 

C'est ainsi qu'elle embrassera, loin de la terre dont elle est privée, les combats de ces autres descendants d’Afrique, victimes d’une abominable ségrégation dans une terre qui auparavant avait kidnappé leurs pères et les avait symboliquement déshumanisés pour en faire des marchandises ou des quasi animaux, des vivants sur lesquels l’on pouvait de violence voire de bestialité. Ces descendants d’esclaves qui n’ont pas vu passer les « 40 acres and a mule »  promis avec l’accès à la liberté et à l’humanité. Les descendants d’esclaves « devenus » humains réclamaient l’accès à une citoyenneté pleine, à la dignité, au respect. « Do you remember Malcolm, do you remember he was a great man » Son mariage en 1969 avec le militant des droits civils afro-américain Stokely Carmichael, l’un des chef des Black Panthers, lui cause des ennuis aux États-Unis. Elle s'exile à nouveau et s'installe en Guinée.

 

C’est aussi en Guinée qu’en 1985, Miriam Makeba  connaîtra la douleur de perdre Bongi sa fille qui meurt en couches. Bongi qui ne saura pas que cinq ans plus tard Mandela marcherait libre dans un pays plein d’espoir. Elle ne verra ni le poing levé de Winnie, ni son sourire triomphant. Quelques années plus tard, plus près de moi, une femme connaîtra cette absolue douleur. La perte de Miriam me touche d’autant plus.

L’exil de la chanteuse durera 31 ans. Elle ne reviendra au pays qu’après la libération de Nelson Rolihaha Mandela, en 1990. Après qu’ait marché libre celui que l’on appelait alors « le plus vieux prisonnier politique du monde ». Quand elle entrera dans son pays natal, ce sera munie d’un passeport français. Je me souviens avoir éprouvé une indescriptible émotion quand enfin Madiba nous est revenu. J’ai pleuré devant le téléviseur alors que je regardais une scène que j’avais espérée sans vraiment y croire. Le régime de l’Apatheid semblait si fort. Il avait l’arrogance des Botha. Je ne peux qu’imaginer le florilège des émotions ressenties par Miriam Makeba. Elle avait 58 ans et pouvait envisager à nouveau de fouler la terre de ses pères. Je ne peux me figurer ce qu’elle a ressenti en voyant le même Madiba prêter serment alors qu’il devenait le président de la république sud-africaine post Apartheid. Je sais ce que j’ai ressenti. Je sais ce que ma mère a éprouvé. J’imagine ce que Miriam Makeba a vécu. Le pays de Miriam entamait enfin une autre étape de son long chemin vers la liberté. Une liberté qui n’a toujours pas engendré de véritable égalité. Il y a encore tant à faire, mais le crime d'être né noir, la stigmatisation, le péché d'être n'est plus.

 

En 1990, Mandela  persuade la chanteuse de revenir en Afrique du Sud.

 

En 2005, Miriam Makeba annonçait qu'elle mettait fin à sa carrière, mais qu’elle continuerait  à défendre les causes auxquelles elle croyait. 

Miriam Makeba décèdera le dimanche 9 novembre 2008, à l'âge de 76 ans, à Castel Volturno (Province de Caserte, Italie) des suites d'un malaise.

Elle sortait de scène après un concert de soutien à l'auteur de Gomorra, Roberto Saviano, traqué par la Camorra.

Jusqu’au bout, elle aura prêté sa voix à la défense de la liberté. Elle aura prêté son dernier souffle à un cri pour la liberté. Celle qui aura passé 31 années en exil meurt hors de sa terre natale, comme si la vie voulait nous rappeler que, si  Miriam Makeba était africaine, elle était aussi citoyenne d’une autre terre, celle que l’on appelle liberté.

Miriam Makeba a pris le chemin que nous emprunterons tous. Elle est passée de l’autre côté. Les morts ne sont pas morts[2]. Sa voix nous appelle à continuer le combat.

 

Miriam Makeba est un membre de ma famille intérieure, celle que je construis au gré de mes envies, de mes admirations, de mes identifications et autres projections. C'est un modèle pour moi à bien des égards. Sa voix et celle de ma mère se confondent d'une certaine manière depuis toujours mais, en allant à la rencontre de son histoire j'ai découvert que ma mère et elles étaient sœurs par l’adversité. Elles ont toutes les deux perdu un parent quand elles étaient enfants et l’autre quand elles étaient jeunes adultes.

 

Ma mère a perdu sa mère à 7 ans, Miriam a perdu son père à cinq ans. Ma mère était loin de sa terre quand son cher papa est décédé. Elle avait 20 ans. Elle n’a pas pu assister à ses obsèques. En ce temps-là les étudiants boursiers ne rentraient pas au pays pour des raisons aussi futiles qu’un chagrin sismique. Miriam avait 28 ans quand sa chère maman est décédée. Il lui était interdit de revenir dans son pays. Faire le deuil d’un parent, d’un être aimé en étant interdit des moments symboliques qui aident à réaliser la perte. Miriam a perdu sa fille Bongi, morte en couches en 1985. Miriam avait  53 ans. Ma mère en avait 51 quand elle a été brutalement amputée de la sienne. Celle qui faisait de curieux bruits dans son landau, celle qui était née au Congo et se réclamait de cette nationalité.

Miriam et ma mère ne se sont jamais rencontrées et pourtant elles auront eu des similitudes de douleurs. Comme ma mère, Miriam offrira son dernier souffle à une terre étrangère. Parcourir son histoire la rapproche un peu plus de la dame aux jambes claires et au rire magnifique : ma mère.

Respect et gratitude à Miriam Makeba pour son parcours de femme et d’artiste. Elle aura été notre Malaïka, notre ange.

Nakupenda Mama Africa.


[1] Expression empruntée à Francis Cabrel dans sa chanson « Cent ans de plus »

[2] Tiré de Souffles de Birago Diop

 

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