Pros’Ethique Poétique
                      Pros’Ethique Poétique                           

Indissociables dignité et indépendance de l'Afrique

Il y a des années Modibo Keita, figure politique majeure de l’Afrique du 20ème siècle disait des mots qui résonnent encore aujourd’hui avec force. Il donnait un cadre pour l’indépendance de l’Afrique. J’ai lu ceci hier et ça m’a réellement touchée:

 

« … vingt années de lutte faite de sacrifices de tous ordres, vingt ans de lutte farouche pour sauvegarder notre dignité et notre indépendance que nous ne devons jamais dissocier de la dignité et de l’indépendance réelle de toute l’Afrique. «

Modibo KEITA

 

Entendez-vous résonner le son de son JAMAIS ?

Entendez-vous le poids de ces mots ?

 

Entendez-vous l’héritage ?

 

Heureusement qu’il reste les mots, les écrits, la trace des discours de nos aînés pour nous rappeler que nous existons dans la continuité d’autres qui ont marché et combattu avant nous et que nous pouvons suivre leur trace en nous inspirant d’eux, de leur fierté, de leur dignité.

 

Bien des aînés ont combattu pour une Afrique libre, indépendante, digne et tant qu’à faire AFRICAINE ! Le sang d’un Lumumba crie si fort face aux cessions de la dignité pour des profits éphémères.

 

J’aime entendre parler ces personnes qui me rappellent que la vassalité mentale n’est pas structurelle de l’être africain, qu’elle a été importée et a été reçue comme vraie et comme fondatrice du soi. Mensonge !!!!!

 

L’Afrique n’est pas en soi fossoyeuse de rêves et d’épanouissement. Cette Afrique falsifiée inoculée comme un virus silencieux qui attend son heure pour réveiller comme autrefois en nous, dans nos enfants le dépréciation, il nous appartient de la déloger de nous et de la déloger de nos enfants par l’instruction et par la transmission des valeurs de combat pour la dignité.

 

La sensation de faim objectivée par des carences réelles quant aux besoins essentiels fait que bien des nôtres occupés qu’ils sont à satisfaire la base de la pyramide de Maslow n’ont pas la possibilité de relever la tête pour se projeter vers des lendemains ou des ailleurs. En cela des femmes et des hommes de la trempe de Modibo Keita, de Cheik Anta Diop, de Douala Manga Bell et de bien d’autres sont des voix porteuses de lumière et d’inspiration, ce sont des lueurs sur nos luttes quotidiennes et leurs voix peuvent participer, pour peu qu’on les laisser retentir, frayer un chemin dans les déserts de nos agonies quotidiennes. En cela ceux d’entre nous qui avons accès à quelque savoir ou information avons la responsabilité de leur ouvrir l’accès à l’information, à la culture, à leur héritage.

 

Je n’ai rien contre les magnifiques auteurs occidentaux classiques ou contemporains. Je suis personnellement éblouie par la plume de Paul Auster ou par celle de Milan Kundera. Mais pour transmettre l’Afrique et l’africanité nos enfants ont besoin d’être au contact des auteurs issus de notre terre et il y en a et de grande qualité, ancien et contemporains.

 

Le quotidien de bien des africains est asphyxié par des prédateurs en tout genre intra ou extra africains qui ont pour dieu leur ventre et la jouissance de l’instant au péril de l’autre qui à leurs yeux, ne souffre pas la moindre considération. Il sont de le «  ici et maintenant  » dans son versant négatif et toxique. Nous en voyons les effet dans la gabegie, la corruption et autres prévarications qui étouffent l’espérance d’une part, et proposent d’autre part la malhonnêteté comme un modèle de fonctionnement. Combien il est triste d’entendre un étudiant brillant et plein d’avenir décider, de devenir inspecteur des douanes non parce qu’il a quelque intérêt pour les transactions commerciales transnationnales, mais simplement parce que pour lui, c’est pour le chemin pour devenir millionnaire voire milliardaire. Au secours rendez-nous nos valeurs !!!

 

Proxénètes et autres clients de réseaux de prostitutions, ils usent et abusent sans vergogne de l’Afrique et de ses ressources naturelles et humaines. Mais il s’est levé depuis notre terre mère des voix qui nous invitent à relever la tête et aller de l’avant, à ne pas sacrifier notre dignité. Des voix comme celles de Thomas Sankara ou de Patrick Lumumba, des voix comme celle de Ruben Um Myobe qui rappellent que l’Afrique est nôtre et que c’est à nous de forger son destin.

 

Nous sommes peu de chose mais les petits ruisseaux font les grandes rivières et nous pouvons en servant de relais aux pensées, aux mots, aux constructions mentales qui inspirent passer le témoin à nos congénères et à la génération de nos enfants.

                               

La dignité de l’Africain ne vient pas du regard de l’allogène elle est intrinsèque à l’être humain et c’est à nous de refuser de manière non négociable de céder la moindre parcelle sur le terrain de la dignité.

 

Quand l’indépendance d’un pays fait l’économie de la dignité, elle n’a d’indépendance que le nom. Est-il besoin de citer des exemples ? Il n’y a qu’à ouvrir les yeux et regarder autour de nous.

 

Notre génération à la suite de celle de nos parents a loupé quelques coches mais nous pouvons rattraper des wagons et semer quelques graines pour ceux qui suivent.

 

«  Nous ne devons jamais dissocier de la dignité et de l’indépendance réelle de toute l’Afrique. «

Lire, écouter ceux qui nous ont précédé et qui ont combattu, revenir aux sources du panafricanisme cela pourrait nous être source d’inspiration pour demain.

 

© Chantal EPEE

 

Commentaires

Aucune entrée disponible
Veuillez entrer le code.
* Champs obligatoires

Actualité

Site en ligne
Vous trouverez sur mon nouveau site Internet une présentation de mon travail d'auteur et des actions que j'entreprends autour de la promotion des arts et des cultures d'Afrique et des diasporas africaines et afro-descendantes