Pros’Ethique Poétique
                      Pros’Ethique Poétique                           

Participer à briser le silence autour du Congo est un devoir d'Africain et d'humain

           

« Imagine that over 6 million Black people have been killed and continue to die, hundreds of thousands of Black women systematically raped while corporate plundering reigns, and mass crime shave been committed by foreign corporations in cahoots with African puppets -- yet the world has been deadly SILENT. This is modern-day Congo »

Friends of Congo

 

Depuis 1996, la République Démocratique du Congo, connue auparavant sous le nom de Zaïre par la volonté de l’homme léopard connaît une véritable tragédie.

 

Cela fait près de quinze ans que dans ce pays on tue, viole, torture, abime les vies au Congo dans un silence assourdissant, oppressant, insupportable.

La prétendue « communauté internationale » à d’autres chats à fouetter et d’autres cris de vierge effarouchée à pousser.

Pourquoi irait-elle en effet se soucier de « règlements de comptes entre barbares » ?

 

Elle a d’autres épouvantails à agiter et d’autres orchestrations de compassion mondiale à mettre en scène.

 

Dans le casting des tragédies mondiales, le Congo n’a pas été retenu, tant pis pour lui et, tant pis si depuis plus de quinze ans, l'on a vu périr, si l'on en croit les estimations, quatre fois la population du Gabon, un quart de celle du Cameroun ou de la Côte d’Ivoire, un dixième de celle de la France. Plus de six millions de personnes  auraient perdu la vie dans cette épouvantable guerre.

 

Pendant ce temps des USA à l’Europe en passant par le « machin » autrement connu sous le nom des nations unies on sort l’épouvantail Mahmoud Ahmadinejad ! On s’offusque d’un essai nucléaire dans l’une des Corées, on sonne le clairon pour condamner la burqa ou le niqab, mais pas un mot sinon en passant sur un véritable génocide qui se produit au Congo.

Plus de 6 millions de morts, et toujours le silence, l’indifférence. C’est intolérable, c’est violent, c’est une négation insupportable d’un véritable drame.

 

Au Congo victimes et bourreaux se déshumanisent peu à peu et l’on peut craindre pour l’équilibre d’enfants qui n’auront connu que la violence et la guerre.

Quels adultes seront demain ceux qui auront ont grandi dans une totale anomie ?

 

Le monde dans une stupide indifférence laisse se fabriquer là-bas des bombes humaines de désespoir et d’anomie. Rien que par bon sens les nations devraient se préoccuper de la pacification de ce pays. Mais voilà, les gouvernants fonctionnent quelquefois uniquement dans une pensée à court terme.

 

Imaginez-vous un peuple privé en quinz ans de 10% de sa population. Il n''est pas besoin d’être sociologue ou économiste pour affirmer que cela est dramatique pour le développement d’une nation. 

 

Mesurons-nous la tragédie que subit ce peuple depuis quinze ans ? C’est un dixième de la population qui a été effacée des tablettes en moins de quinze ans. Quelle horreur n’est-ce pas ? Oui mais voilà, après que nous nous serons offusqués, que ferons-nous ?

 

Nous pouvons déjà décider de briser le silence autour de cette guerre qui mine un pays, génère des réfugiés, et au nom de laquelle l’on viole des enfants et des femmes. Nous pouvons dénoncer les tortures et assassinats que l'on commet impunément.

Comme cela est souvent le cas, les enfants et les femmes sont les otages de la folie des hommes. Ils sont le terrain d’expression privilégié de leurs abjectes soifs de pouvoir. Ils sont l’exutoire de leur trop plein de haine, de hideur, de colère, de non-sens, etc. 

 

Et pourtant le silence est là, pesant, désespérant pour ceux qui sont de ce pays encore une fois meurtri. De ce pays d’une extraordinaire richesse et objet de tant de convoitises depuis des temps immémoriaux.

Il y a longtemps déjà, Malcolm X déclarait ceci :  » This is all a cold-blooded act on the part of your Western powers, namely the Western powers here in the United States — interests in the United States, in England, and France, and Belgium and so forth. They want the wealth of the Congo, plus its strategic geographic position.«

 

L’histoire du Congo et les tragédies que cette terre a connues sont en grande partie liées à une incroyable richesse qui devrait être mise au service du développement et du bien-être du peuple congolais. Il a malheureusement été « prostitué » aux intérêts des colons par des roitelets africains aux panses abyssales.

La convoitise des hommes, le manque de sens de l’Etat de dirigeants iniques et leurs complices internes une grande partie du pays exsangue. Et voici qu’au milieu de cela, les congolais, ceux qui de plein droit sont fils et filles de cette terre sont pris en otage dans une barbarie sans nom et, loin de la jouissance des richesses de leurs terres, ils versent du sang et des larmes.

Combien il est dur d’entendre les témoignages de ces femmes violées puis bannies, d’entendre parler de fillettes victime de viols collectifs et rejetées par leurs pères. C’est horrible certes, mais il faut le faire savoir, il faut briser le silence, il faut s’organiser pour que la chape de plomb déposée sur cette épouvantable guerre soit levée.

 

Ernesto Guevarra connu sous le surnom de « Che » déclarait ceci :  « The Congo problem is a world problem. Victory will be continental in its reach and its consequences and so would defeat »

Le problème du Congo est un problème mondial mais les instances internationales ont fait le choix de l’oublier.

Il est temps que nous autres africains prenions conscience du fait que ces organisations internationales n’ont pas pour priorité les intérêts de notre continent.

Elles ont pour vocation de reproduire à l’infini un ordre mondial qui sied à l’occident.  Pour quelles raisons se soucieraient-elles de nos nations ? Sortons de nos sidérations utopiques et prenons en mains nos affaires.

 

Je me souviens du silence autour de l’épouvantable conflit libérien tandis que dans les coulisses les états africains et autres instrumentalisaient telle ou telle faction dans son intérêt. Et pendant ce temps les libériens mouraient en masse.

 

L’Afrique n’est pour beaucoup d’occidentaux qu’un continent folklorique et barbare. L’on meurt au Congo « oh la la ! Pourvu qu’ils ne sortent pas les machettes comme au Rwanda  » se dit-on entre le fromage et le dessert. Puis l’on oublie l’information aussi vite qu’elle a traversé nos consciences. On a des urgences, il y a un programme de télé réalité à regarder.

Nous autres Africains n’avons pas le droit d’être indifférents face à cette tragédie. Nous n’avons pas le droit d’en faire une information poussée vers l'oubli par une autre :

 

     - Parce que partout où l’on dénie à l’homme son humanité, c’est la nôtre qui recule.

     - Parce que, si nous nous taisons, personne ne parlera depuis le cœur de la tragédie.

     - Parce que, nos pays ne sont pas à l’abri de telles tragédies; il n’y a qu’à observer le quasi clonage          des dirigeants supposés présider aux destinés des Etats Susahariens.

      - Parce qu’il est indispensable que nous éduquions nos fils à porter un regard et à avoir une approche        panafricain dans la  perception des enjeux du continent africain.

      - Parce que nous devons éduquer nos fils à recevoir avec bienveillance le réfugié congolais.

      - Parce que les congolais ont besoin de savoir que l’Afrique est là, avec eux

      - Parce que le panafricanisme n’est pas qu’une rhétorique nombriliste et, le Congo est pour nous              l’occasion de montrer que nous ne sommes pas asservi(e)s aux frontières dessinées jadis par la            colonisation pour servir des intérêts extra-africains.

      -Parce que nous devons œuvrer pour qu’il y ait une voix africaine qui s’élève du cœur de cette                  tragédie pour poser des fondations d’un être ensemble plus que jamais nécessaire.

Puisse cet épouvantable drame aider au moins, à enfanter une conscience panafricaine plus grande parmi les filles et fils d'Afrique.

 

Ne rêvons pas d’un salut qui viendrait de l’occident fût-il porté par les traits d’un président noir. La tragédie et l’indifférence face au drame du Congo devraient nous mobiliser pour inventer des solutions propres à notre terre.  Bien entendu si des occidentaux se réveillaient à cette tragédie et que leur aide pouvait faire avancer la sortie de la tragédie pourquoi pas ? Mais n’attendons pas d’eux quelque miracle nous ne sommes pas prioritaires dans les agendas des nations occidentales aussi longtemps qu’ils n’y trouvent pas quelque intérêt économique, géopolitique ou financier.

 

Mais voilà, malgré nos bonnes intentions et autres sentiments nous nous sentons démunis, comme désarmés face à l’immense chantier qui est devant nous.

Que faire individuellement ?

Comment agir, participer à apporter une lueur d’espoir, à être une voix pour le Congo ? 

Nous pouvons déjà nous servir du media internet que nous utilisons pour transmettre des choses amusantes, légères, nous pouvons faire des réseaux sociaux tels que Facebook , twitter et autres de même que de nos blogs des armes contre le silence et contre l’oubli.

 

Nous pouvons par ailleurs solliciter nos députés et maires, les inonder de courrier disant l’incompréhension face à la gradation des tragédies mondiales.

Nous pouvons nous faire tellement insistants qu’ils finissent par agir.

 

Sans marchands d’armes les guerres feraient long feu et les nations démocratiques sont de cyniques pourvoyeurs d’armes tandis que, les opinions publiques de leurs pays ne le savent pas. Internet est aussi un moyen de le dire. Des prises de consciences dans l’opinion pourraient être fort utiles.

 

Nous pouvons nous organiser, créer des collectifs locaux pour donner une parole à la tragédie congolaise. Nous pouvons…

 

J’entends d’ici des résistances et autres regards railleurs mais n’est-il pas mieux d’agir quitte à se tromper que d’être inactif et certain de ne pas faire d’erreur ?

 

Jusques à quand serons-nous complice du silence ? Nous sommes dans un temps qui permet de s’informer.

 

Informons nous sur ce drame et donnons la main d’association à nos frères du Congo pour être ne serait-ce qu’une goutte d’eau dans la mer des actions pour ce pays blessé.

 

La mémoire de Patrice Lumumba, son rêve pour le Congo, son rêve panafricain peuvent nous inspirer.

 

Donnons-nous le droit à l’erreur mais pas à l’indifférence. Ce sont nos semblables, nos frères que l’on assassine.

C’est l’Afrique que l’on pille et prive encore une fois de ses forces vives.

 

C'est sur nos terres que l’on fabrique des bombes à retardement humaines.

 

Vive le Kongo, Vive l’Afrique

 



© Chantal EPEE

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