Pros’Ethique Poétique
                      Pros’Ethique Poétique                           

Savoir écouter, un art qui se cultive.

 

L'écoute de soi, comme celle de l'autre, ont des opposants farouches tapis à l'intérieur de nous.
Ce sont des ennemis en habits d'amis. Ils vêtent d'autant plus les atours de l'amitié qu'ils sont pour nous des compagnons familiers, de ceux que nous accueillons volontiers parce qu'ils nous centrent sur nous mêmes et nous confortent dans l'idée que nous sommes victimes de l'incompréhension, du manque d'empathie, de l'absence d'écoute, de la violence de l'autre.

 

Ils nous trompent parce qu'ils nous voilent les pistes à explorer pour améliorer notre relation à nous-même et à l'autre.

 

Ces faux amis sont en fait des geôliers artificieux. Ils nous gardent prisonniers en nous retenant par un lasso invisible : celui des émotions négatives, des blessures anciennes ou récentes, des échecs relationnels. Bref, celui de ces choses qui nous ramènent à nous par une fenêtre toxique et qui au final, ne nous font  aucun bien. Bien au contraire.

 

C'est ainsi que, bien souvent, nous prêtons à l'autre l'écho de nos conversations privées avec un passé douloureux, avec une relation à soi non pacifiée, et avec  fractures intimes. Le pauvre n'est même pas conscient de s'adresser à une foule. Il est encore moins au fait qu'un simple échange devient une prise de parole dans un tribunal dans lequel seul les procureurs ont la parole.

Cet état de fait pollue les canaux de communication, obstrue l'écoute, voile la vision et altère, voire endommage les relations. Bien des malentendus naissent de l'obstruction de la communication par le passé d'une part, et des projections erronées que l'on fait sur l'autre d'autre part.

 

Ecouter l'autre pour l'entendre est un défi en ce temps où tout va trop vite tant les médias communicationnels sont nombreux et immédiats. L'on y parle abondamment et l'on s'écoute peu.

 

Décider d'écouter l'autre pour l'entendre. Et non l'écouter dans le but de lui répondre, en cherchant un espace, un silence pour argumenter est un exercice difficile dans un siècle où l'on croit avoir besoin d'avoir raison, de vaincre l'autre sur le terrain de la pensée comme sur celui des muscles pour exister. Un siècle dans lequel l'on a besoin d'affirmer une supériorité qui s'avère totalement narcissique.

 

Faire taire ses voix intérieures demande du travail sur soi mais, cela est infiniment libérateur pour soi et pour la relation à l'autre.

 

Décider que les émotions négatives et les blessures d'hier ne seront pas les corridors vers l'autre et vers soi m'apparaît être l'une des meilleures décisions que l'on puisse prendre pour soi.

 

Cela aide en effet à ne pas prendre la mouche pour un rien, à prendre de la distance avec un propos inapproprié ou manifestement agressif. Cela aide à ne pas faire d'une défaillance de l'autre sur le terrain de la courtoisie et de l'aménité, ou d'une simple maladresse d'un tiers le capitaine du navire de ses émotions et actions.
Cela aide à contextualiser le mots et les actes, à regarder l'autre de manière multidimensionnelle et non depuis la fenêtre des lésions intérieures et des préjugés.

 

Imposer le silence aux tempêtes et orages intimes permet d'entendre les murmures doux et légers qui réconcilient avec soi et avec l'autre.


Apprendre le silence.

 

Apprendre l'écoute.

 

 

Entendre.

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