Pros’Ethique Poétique
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Je vous invite à prendre le temps de parcourir mon univers en souhaitant que vous y trouviez de l'intérêt, du plaisir, et pourquoi pas quelque enrichissement ?

 

 Afin que je sache qui m'a rendu visite, vous pouvez également ajouter un commentaire dans le livre d'or.

 

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LE MÉTISSAGE EST MON PAYS ET MES RACINES PLONGENT DANS LA TERRE DU CAMEROUN

 

 

 "Je suis né quelque part Laissez moi ce repère

Ou je perds la mémoire "

Maxime Leforestier


Ce soir je me laisse aller à une certaine nostalgie. Elle n’est pas mélancolie. Prenant le temps de parcourir les sentiers de la mémoire, ils me conduisent par delà les océans, dans le pays où je suis née, au centre de l’Afrique. Mon pays.

Mon cher pays appelé « Afrique en miniature » parce qu’on y retrouve tous les micro climats de l’Afrique. 

Je reviens aux temps de l’innocence, celui de l’enfance. C’était le temps où les rêves n’avaient ni frontières ni limites. Je grandissais dans mon pays natal et le monde m’appartenait. Tout était possible, je vivrais où je voudrais, mais rentrerais toujours chez moi.

 

Les chemins de la vie ont donné un cours différent à mon existence et je me souviens. Je me remémore les comptines qui ont accompagné mon enfance et les bruits du voisinage. Je me rappelle les ballades en famille pour regarder les courses de pirogue sur le pont du Wouri, le fleuve qui nourrit la ville de Douala. Il y avait les fêtes traditionnelles auxquelles nous prenions part, vêtus de pagnes pour les hommes et de grandes robes aux couleurs chatoyantes pour les femmes. Oui je me souviens et, ma mémoire voyage…  Le Cameroun, mon pays que nous chantions le lundi avant la classe. 

Cette terre est si loin de moi physiquement et, l'« l’exil » m’en éloigne peu à peu.

Mon pays et moi changeons et, il m'arrive d'avoir la hantise que quelque part en route, lui et moi nous perdions. 

Vivre loin de chez soi a forcément un coût parce que loin du pays l’on évolue et change et ceux qui restent le font aussi.

Comme elle est étrange la situation dans laquelle se trouve celui qui pour une raison ou une autre émigre et s'installe ailleurs. Il n’est plus tout à fait de l'endroit qu'il a quitté et pas tout à fait du pays d’accueil. Il habite un nouveau pays, une nouvelle terre, celle de l’exil, de la douleur et des regrets qui paralysent s’il s’abandonne à la mélancolie ; il est de celle du métissage s’il prend le parti de transformer en expérience positive le vécu migratoire en dépit des frustrations et difficultés propres à sa situation. Il peut prendre le parti en conscience de s’ouvrir à l’autre, pour le recevoir, pour saisir ce qu'il trouve de bon dans son nouvel espace de vie et de rejeter ce qui ne l'est pas. Il peut chosir de s’enrichir de la multi culturalité. 

 

Le métissage est riche parce qu’on est le fruit de deux origines, de deux cultures, de deux mondes différents, et l’on est riche de deux regards. Il devient crise quand l’on se laisse happer par un côté en niant l’autre, le rejetant comme s’il fallait choisir l’un où l’autre. Dans la migration on change forcément et si l’on fait le choix de ne pas regarder la nouvelle culture comme destructrice de son identité fondamentale, on peut s’enrichir d’elle sans renier ce que l'on est, ce que l'on porte, ce qui fonde nos racines. 

 

Ce que j’aime dans mon pays à moi, à « Métisland », c’est que l’on peut faire le choix de ce qu’on laisse entrer en soi. L'on peut choisir ce que l’on trouve bon, grand, et s’en inspirer et l’on est armé pour résister à ce qu’on trouve négatif.

 

Ceci dit, et je vous le concède, on ne contrôle pas tout. Quand je suis au Cameroun et que je parle avec les gens là-bas, très vite je suis dévoilée on sait que je ne suis plus tout à fait de là-bas. Mon accent me trahit et pas seulement mon accent. On change au contact du pays d’accueil. 

 

Le métissage culturel me permet de côtoyer les grands esprits occidentaux même si je découvre que la grandeur des lettres et autres idéaux masquaient quelquefois des humains rétrécis. Cette découverte me donne envie de creuser encore plus ceux qui ont marqué l’histoire culturelle de ma terre natale, l'Afrique. Ce métissage est riche et n’est pas schizophrène parce que sachant d’où je viens, mes racines étant solidement ancrées dans ma terre, je n’ai pas peur de me perdre en m’ouvrant à l’autre. Tout ce que j’ai à y gagner c’est de m’enrichir de la différence de celui qui me reçoit. 

Entre la terre d’exil et la terre métisse j’ai fait mon choix. Mon pays c’est le métissage et mes racines plongent en profondeur dans la terre d’Afrique, au Cameroun.

 

« O Cameroun berceau de nos enfances, va debout et jaloux de ta liberté » 

Ce sont les premiers mots de l’hymne national du Cameroun. 

 

Cameroun o mulema wuma yese ponda yese (le Cameroun au cœur toujours, partout) Chante Etienne Mbappe (chanteur à découvrir http://www.etiennembappe.com/).

 

C’est le chant de mon cœur pour le pays dans lequel j’ai grandi et ai été construite dans une atmosphère dans laquelle l’amour était l’oxygène. Mon Cameroun.  En cliquant sur le lien ci-dessous vous pouvez rencontrer la terre de mes racines. 

 http://www.souvenirducameroun.com/

 

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Commentaires

  • AHIDOTE GERMAINE (mercredi, 14. novembre 2012 20:16)

    C'est mon histoire aussi !!! Tu parlais de moi là!!!oui 39 ans à Métissland!!!!

  • Chantal EPEE (jeudi, 15. novembre 2012 05:48)

    Merci Germaine d'être passée. Ravie que mon histoire aie eu des résonances avec la tienne. Je m'autorise le "tu" au vu du message laissé sur le livre d'or. Merci d'être passée.

  • Séverino (samedi, 13. avril 2013 20:13)

    Une histoire qui ressemble étrangement a celle de bcp de migrants

    Merci Chantal

  • Chantal EPEE (dimanche, 14. avril 2013 00:51)

    Merci Severino. :)

  • Manu nel (dimanche, 21. avril 2013 06:50)

    C'est assez touchant et même très émouvant ce petit voyage dans l histoire de chez nous ...
    Sincérité et douceur l accompagnent telle une pirogue en perdition sur le fleuve youpwe...
    Merci du voyage...

  • Jeff whity (mardi, 16. juillet 2013 19:09)

    Pas mal ton histoire....

  • Francoise Ebongue (dimanche, 23. août 2015 23:28)

    Merci pour ce très émouvant récit qui me déculpabilise enfin et me rassure. Je ne suis pas seule à Métissland.
    Oui, s'ouvrir au monde n'est pas se renier. Au contraire, ce n'est que richesse.

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